Carré noir | Panorama de l'art

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Carré noir Kasimir Malevitch (1878-1935)

Kasimir Malevitch (1878-1935), Carré noir. Vers 1923-1930, peinture (huile sur plâtre), 36,7 × 36,7 × 9,2 cm. Paris, Centre Pompidou – musée national d’Art moderne – Centre de création industrielle
  • Carré noira
  • Exposition 1
  • Éléments d’architectone3
  • Village le matin après une tempête de neige4
Carré noir
auteur(s) : Kasimir Malevitch (1878-1935)
dimension : H. 36,7 cm ; L. 36,7 cm ; P. 9,2 cm
matériaux : huile sur plâtre
technique : peinture
datation : vers 1923-1930
lieu de conservation : Paris, Centre Pompidou – musée national d’Art moderne – Centre de création industrielle
Kasimir Malevitch (1878-1935), Carré noir. Vers 1923-1930, peinture (huile sur plâtre), 36,7 × 36,7 × 9,2 cm. Paris, Centre Pompidou – musée national d’Art moderne – Centre de création industrielle
Carré noir
auteur(s) : Kasimir Malevitch (1878-1935)
dimension : H. 36,7 cm ; L. 36,7 cm ; P. 9,2 cm
matériaux : huile sur plâtre
technique : peinture
datation : vers 1923-1930
lieu de conservation : Paris, Centre Pompidou – musée national d’Art moderne – Centre de création industrielle
Exposition L’Avant-garde en Russie (1910-1930). Cette exposition, présentée au Los Angeles County Museum of Art, reprend l’accrochage de Carré noir conçu par Malevitch pour la Dernière exposition futuriste de tableaux 0-10. 1980-1981, photographie. États-Unis d’Amérique, Los Angeles, Los Angeles County Museum of Art
Exposition "L’Avant-garde en Russie (1910-1930)"
Cette exposition, présentée au Los Angeles County Museum of Art, reprend l’accrochage de Carré noir conçu par Malevitch pour la Dernière exposition futuriste de tableaux 0-10
technique : photographie
datation : 1980-1981
lieu de conservation : États-Unis d’Amérique, Los Angeles, Los Angeles County Museum of Art
Kasimir Malevitch (1878-1935), Éléments d’architectone. Après 1924, dessin (papier fixé par du plâtre sur carton), 2,8 × 2,8 cm. Paris, Centre Pompidou – musée national d’Art moderne – Centre de création industrielle
Éléments d’architectone
auteur(s) : Kasimir Malevitch (1878-1935)
dimension : H. 2,8 cm ; L. 2,8 cm
matériaux : papier fixé par du plâtre sur carton
technique : dessin
datation : après 1924
lieu de conservation : Paris, Centre Pompidou – musée national d’Art moderne – Centre de création industrielle
Kasimir Malevitch (1878-1935), Village le matin après une tempête de neige. 1912, peinture (huile sur toile), 80 × 80 cm. États-Unis d’Amérique, New York, The Solomon R. Guggenheim Museum
Village le matin après une tempête de neige
auteur(s) : Kasimir Malevitch (1878-1935)
dimension : H. 80 cm ; L. 80 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1912
lieu de conservation : États-Unis d’Amérique, New York, The Solomon R. Guggenheim Museum

Un carré noir suffit-il à faire de l’art ?

Kasimir Malevitch est considéré comme un des inventeurs de l’abstraction. Il est le chef de file d’un mouvement radical et abstrait, annonciateur d’une nouvelle ère artistique qui apparaît en Russie dans les années 1910.

Après avoir étudié le dessin industriel, Malevitch se tourne vers la peinture. Élève d’un maître symboliste, il s’intéresse bientôt à tous les mouvements d’avant-garde qui émergent au début du XXe siècle, particulièrement au cubisme. Si, dans un premier temps, il réalise des œuvres encore figuratives qui décomposent les volumes image 4, sa quête d’absolu l’amène rapidement à simplifier les couleurs et les formes à l’extrême.

C’est au printemps 1915 qu’il expose pour la première fois une œuvre intitulée Carré noir (Moscou, galerie Tretiakov), aboutissement de ses recherches du moment. L’œuvre présentée ici image principale en est une variante plus tardive, datant des années 1920.

 

Une icône

Quelques mois plus tard, en décembre 1915, Malevitch participe à la Dernière exposition futuriste de tableaux 0.10, qui se tient à la galerie Dobychina de Saint-Pétersbourg. Le titre de l’exposition reflète la volonté des artistes futuristes de repartir de zéro et de limiter l’événement à une dizaine de participants.

Malevitch présente une trentaine d’œuvres, qu’il nomme ses Suprématies et qu’il accompagne d’une brochure intitulée Du cubisme et du futurisme au suprématisme, un nouveau réalisme pictural.

Il installe son Carré noir, qui porte aussi le titre de Quadrangle, dans l’angle de la salle qui lui est consacrée image 1, à la manière des icônes accrochées dans les maisons paysannes russes en signe de protection. Le tableau provoque immédiatement un scandale. Sa radicalité, un simple carré noir sur fond blanc, en fait l’emblème du suprématisme.

 

Le degré zéro de la forme

Carré noir est une peinture sans objet. L’artiste lui-même déclare : « Il ne peut être question de peinture dans le suprématisme. La peinture est périmée depuis longtemps et le peintre lui-même est un préjugé du passé. » C’est donc bien à partir de ce « degré zéro », comme il le nomme, que l’artiste peut développer une conception nouvelle, l’œuvre étant désormais libérée de toute représentation objective du monde. L’acte créateur s’inscrit dans une autre dimension, à la recherche d’une harmonie qui fait appel à l’énergie et à l’attraction des formes géométriques entre elles.

Le suprématisme, tel que le définit Malevitch, constitue le stade ultime d’un art totalement neuf. En 1918, l’artiste crée Carré blanc sur fond blanc comme un anéantissement de ce qui précède.

 

À l’origine, Victoire sur le soleil

À l’origine du Carré noir exposé en 1915, se trouvent toutes les recherches et créations réalisées par Malevitch pour l’opéra cubo-futuriste Victoire sur le soleil d’Alexeï Kroutchenykh et Mikhaïl Matiouchine, dont il était chargé des décors et costumes.

L’opéra, présenté à Moscou en décembre 1913, est surtout reconnu dans les milieux intellectuels occidentaux. Il s’agit d’une performance où, dans une forme d’absurdité verbale, les comédiens peuvent librement interpréter le texte en improvisant sur les différents sens des mots. La pièce engage à construire un monde nouveau dans une lutte entre la source lumineuse du Soleil et son éclipse totale. La mise en scène s’achève sur une forme d’apocalypse où les acteurs déclament : « Tout le monde mourra et nous, nous sommes éternels. »

Ce spectacle, qui combat toute forme de tradition, peut être considéré comme un élément fondateur des recherches expérimentales de Malevitch.

 

Une version volumétrique

L’œuvre présentée ici, plus tardive et conservée au Centre Pompidou, est très proche de la version originale du Carré noir de 1915, à la différence que l’huile est appliquée sur un panneau de plâtre. Il s’agit d’une œuvre en volume, peut-être d’un élément d’« architectone » image 3 (modèle en trois dimensions au croisement de l’architecture, de la sculpture et de la peinture). Mais il s’agit peut-être aussi d’un nouvel essai sur un support différent, ici le plâtre.

Dans les deux cas, en travaillant la matière et le volume, Malevitch rejoint un moment les préoccupations et expérimentations des artistes du Bauhaus. En effet, en 1927, lors d’un voyage en Allemagne, Malevitch se rend à l’invitation de Walter Gropius dans cette prestigieuse école d’architecture et d’arts appliqués extrêmement novatrice. Commentant son œuvre, il y rappelle et précise qu’il expose non pas un simple carré, mais la « sensation de la non-objectivité ». En retour, le Bauhaus édite l’ouvrage Le Suprématisme ou le Monde sans objet. Alors que ces artistes recherchent le lien entre art et société moderne ou entre création et art industriel, Malevitch, lui, demeure comme fasciné par une réalité supérieure et donne à ses recherches une dimension spirituelle.

 

Vers une transformation de la conscience de l’homme

L’artiste enthousiaste, jadis engagé dans les travaux révolutionnaires, s’isole davantage et, bientôt, le nouveau régime soviétique, à la recherche d’efficacité et de progrès matériel, le traite de « rêveur philosophique ». En effet, Malevitch, qui a atteint toutes les limites de l’art, s’oppose au monde nouveau prôné par les constructivistes. Il s’adresse à la conscience de l’homme et s’éloigne de toute matérialité pour soutenir une vision spirituelle de la place de l’art. Il opte pour des recherches dans le domaine architectural. Les architectones qu’il crée alors sont autant de modèles visionnaires pour une cité rêvée mais jamais réalisée.

L’artiste tombe en disgrâce.

Ses dernières années de création sont très difficiles, tant sur le plan matériel que moral. Sa peinture redevient figurative pour se plier aux exigences du régime. Atteint d’un cancer, il meurt en 1935. Son œuvre manifeste, le Carré noir, devient l’élément essentiel du décor des funérailles nationales célébrées en son honneur.

Véronique Duprat-Roumier

Permalien : https://panoramadelart.fr/carre-noir-malevitch

Publié le 02/04/2021

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ressources internet

  1. La notice de l’œuvre sur le site du Centre Pompidou
    https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/0LxJOIY
  2. Une biographie de Malevitch sur le site Art zoo
    https://art-zoo.com/kasimir-malevitch/
  3. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Suprématisme :
Mouvement de l’art abstrait fondé par Kasimir Malevitch.
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