Judith et Holopherne | Panorama de l'art

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Judith et Holopherne Artemisia Gentileschi (1593 – vers 1654)

Artemisia Gentileschi (1593 – vers 1654), Judith et Holopherne. Vers 1613, peinture (huile sur toile), 162 × 126 cm. Italie, Naples, Museo Nazionale di Capodimonte
  • Judith et Holophernea
  • Judith et Holopherneb
  • Judith et Holophernec
  • Judith et Holopherned
  • Salomé et la tête de saint Jean-Baptiste1
  • Judith2
  • Judith brandissant la tête d’Holopherne qu’elle vient de décapiter3
  • Le Retour de Judith4
  • Judith lors du banquet d’Holopherne5
Judith et Holopherne
auteur(s) : Artemisia Gentileschi (1593 – vers 1654)
dimension : H. 162 cm ; L. 126 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : vers 1613
lieu de conservation : Italie, Naples, Museo Nazionale di Capodimonte
Artemisia Gentileschi (1593 – vers 1654), Judith et Holopherne. Vers 1613, peinture (huile sur toile), 162 × 126 cm. Italie, Naples, Museo Nazionale di Capodimonte
Judith et Holopherne
auteur(s) : Artemisia Gentileschi (1593 – vers 1654)
dimension : H. 162 cm ; L. 126 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : vers 1613
lieu de conservation : Italie, Naples, Museo Nazionale di Capodimonte
Artemisia Gentileschi (1593 – vers 1654), Judith et Holopherne. Vers 1613, peinture (huile sur toile), 162 × 126 cm. Italie, Naples, Museo Nazionale di Capodimonte
Judith et Holopherne
Détail de la tête d’Holopherne et du linge ensanglanté
auteur(s) : Artemisia Gentileschi (1593 – vers 1654)
dimension : H. 162 cm ; L. 126 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
lieu de conservation : Italie, Naples, Museo Nazionale di Capodimonte
Artemisia Gentileschi (1593 – vers 1654), Judith et Holopherne. Vers 1613, peinture (huile sur toile), 162 × 126 cm. Italie, Naples, Museo Nazionale di Capodimonte
Judith et Holopherne
Détail du pommeau de l’épée
auteur(s) : Artemisia Gentileschi (1593 – vers 1654)
dimension : H. 162 cm ; L. 126 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : vers 1613
lieu de conservation : Italie, Naples, Museo Nazionale di Capodimonte
Artemisia Gentileschi (1593 – vers 1654), Judith et Holopherne. Vers 1613, peinture (huile sur toile), 162 × 126 cm. Italie, Naples, Museo Nazionale di Capodimonte
Judith et Holopherne
Détail de Judith
auteur(s) : Artemisia Gentileschi (1593 – vers 1654)
dimension : H. 162 cm ; L. 126 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : vers 1613
lieu de conservation : Italie, Naples, Museo Nazionale di Capodimonte
Andrea Solario (vers 1465 – 1524), Salomé et la tête de saint Jean-Baptiste. Vers 1507-1509, peinture (huile sur bois), 57,2 × 47 cm. États-Unis d’Amérique, New York, The Metropolitan Museum of Art (The Friedsam Collection, Bequest of Michael Friedsam, 1931, 32.100.81)
Salomé et la tête de saint Jean-Baptiste
auteur(s) : Andrea Solario (vers 1465 – 1524)
dimension : H. 57,2 cm ; L. 47 cm
matériaux : huile sur bois
technique : peinture
provenance : Collection Friedsam ,legs de Michael Friedsam
datation : vers 1507-1509
lieu de conservation : États-Unis d’Amérique, New York, The Metropolitan Museum of Art
Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit Le Caravage (vers 1571 – 1610), Judith. 1595-1596, peinture (huile sur toile), 144 × 195 cm. Italie, Rome, palais Barberini, galerie d’Art antique
Judith
auteur(s) : Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit Le Caravage (vers 1571 – 1610)
dimension : H. 144 cm ; L. 195 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1595-1596
lieu de conservation : Italie, Rome, palais Barberini, galerie d’Art antique
Jan Massys (vers 1509 – vers 1575), Judith brandissant la tête d’Holopherne qu’elle vient de décapiter. Vers 1543, peinture (huile sur bois), 106 × 75 cm. Paris, musée du Louvre
Judith brandissant la tête d’Holopherne qu’elle vient de décapiter
auteur(s) : Jan Massys (vers 1509 – vers 1575)
dimension : H. 106 cm ; L. 75 cm
matériaux : huile sur bois
technique : peinture
datation : vers 1543
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Sandro Botticelli (1445-1510), Le Retour de Judith. 1470, peinture (huile sur bois), 31 × 24 cm. Italie, Florence, galerie des Offices
Le Retour de Judith
auteur(s) : Sandro Botticelli (1445-1510)
dimension : H. 31 cm ; L. 24 cm
matériaux : huile sur bois
technique : peinture
datation : 1470
lieu de conservation : Italie, Florence, galerie des Offices
Rembrandt Harmensz. van Rijn (1606-1669), Judith lors du banquet d’Holopherne. 1634, peinture (huile sur toile), 143 × 154,7 cm. Espagne, Madrid, musée du Prado
Judith lors du banquet d’Holopherne
auteur(s) : Rembrandt Harmensz van Rijn (1606-1669)
dimension : H. 143 cm ; L. 154,7 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1634
lieu de conservation : Espagne, Madrid, musée du Prado

En quoi ce tableau reflète-t-il un drame personnel de l’artiste ?

Artemisia Gentileschi naît à Rome. Elle est la fille aînée du peintre caravagesque Orazio Gentileschi (1563-1639), auprès duquel elle acquiert sa formation artistique. Son immense talent lui permet bientôt de connaître le succès, entre autres auprès des Médicis : Gentileschi mène ainsi une carrière indépendante qui la conduit de Rome à Naples, en passant par Florence. Elle se rend aussi à Londres, où elle reçoit la reconnaissance de la cour d’Angleterre.

Pourtant, des drames jalonnent sa vie. Cette mise en scène dramatique de l’histoire de Judith et Holopherne pourrait faire écho au viol qu’elle subit à l’âge de 17 ans. Il en existe deux versions, l’une conservée au musée national de Capodimonte de Naples image principale, l’autre à la galerie des Offices à Florence, datées du premier tiers du XVIIe siècle.

 

Judith, héroïne de l’Ancien Testament

L’histoire de Judith et Holopherne est tirée du Livre de Judith, qui fait partie de l’Ancien Testament. Cet épisode, qui célèbre les vertus de courage et de chasteté d’une femme héroïque, peut être interprété comme le triomphe de l’Église sur l’hérésie.

Riche et belle veuve de Béthulie, Judith s’engage à sauver sa ville assiégée par les troupes assyriennes. Elle se rend dans le camp ennemi et séduit celui qui le dirige, le général Holopherne, qu’elle enivre lors d’un festin. Le soldat sombre dans l’ivresse et s’endort. Judith le décapite alors, emporte sa tête et la suspend aux murailles de la ville. Effrayés, les soldats abandonnent le siège et se retirent.

Tout comme celui de Salomé image 1, ce récit extrêmement violent connaît de très nombreuses représentations.

 

La dramatisation de la mise en scène

S’écartant des conventions qui réservent plutôt aux femmes la réalisation de portraits et de natures mortes, Gentileschi s’attaque ici au grand genre de la peinture d’histoire, qui traite de scènes mythologiques et bibliques.

La composition, verticale, est traitée en clair-obscur. Elle adopte un cadrage resserré et sobre autour des trois personnages : Holopherne, Judith et sa servante.

À droite, Judith, vêtue d’une robe bleue, est montrée en train de décapiter Holopherne ; elle semble esquisser un mouvement de recul image d, tandis qu’au centre, la servante, vêtue de rouge, l’assiste en appuyant de tout son poids sur le général. Dans un acte désespéré, ce dernier tente de la repousser.

Au premier plan, la décapitation avec la tête hurlante image b est montrée de manière très crue. Le détail des filets de sang contrastant avec le linge de lit blanc exacerbe cette violence. L’épée tranchante coupe non seulement la tête, mais aussi l’espace central du tableau. Son pommeau image c constitue d’ailleurs le point vers lequel tout converge, notamment les mains des femmes. Le sang, la tension des corps, les puissants contrastes colorés confèrent à cette scène d’une grande violence toute sa charge dramatique.

 

En regardant Caravage…

Cette œuvre est à rapprocher du tableau peint par Le Caravage image 2 quelques années plus tôt. Celui-ci montre une scène tout aussi sanglante, dans une atmosphère également en clair-obscur. La composition est cependant horizontale, s’étirant vers le groupe des femmes placé sur le côté droit. La servante, représentée en vieille femme, ne participe en rien à l’exécution : elle se contente de tenir le sac qui accueillera la tête.

D’autres artistes ont souvent privilégié des approches différentes pour traiter de ce thème. Ainsi, Judith est fréquemment représentée triomphante, brandissant la tête d’Holopherne image 3, ou bien au moment de sa fuite, une fois l’acte accompli image 4. Rembrandt choisit quant à lui de montrer Judith richement parée, à la table du banquet image 5.

Gentileschi semble avoir voulu dramatiser davantage l’instant du meurtre, en organisant la composition autour de l’épée et en accentuant l’effort des femmes. Pourquoi une telle insistance ?

 

Autofiction ?

Cette mise en scène extrêmement brutale lui aurait-elle été inspirée par le viol qu’elle a subi ? Le tableau ferait-il office de catharsis pour la jeune femme ? Des relectures contemporaines semblent accréditer cette thèse.

En 1611, la jeune femme révèle à son père qu’elle a été violée par l’un de ses collaborateurs qui lui enseignait la perspective, le peintre Agostino Tassi (1578-1644). Ce dernier ne voulant pas réparer par le mariage l’outrage causé, le père de Gentileschi porte plainte pour le déshonneur familial subi. Un procès s’ouvre : la culpabilité de Tassi est établie, mais la peine n’est pas exécutée.

La violence extrême de l’acte puis la pénibilité du long procès marquent terriblement l’artiste. Sans doute à titre d’exutoire, elle réalise les deux versions de ce tableau, donnant à Holopherne les traits du violeur. Devenue Judith par procuration, Gentileschi se venge.

Cette fonction de l’œuvre d’art comme exutoire se retrouve chez d’autres artistes femmes, notamment au XXe siècle. Ainsi l’artiste Niki de Saint Phalle, abusée enfant par son père, témoigne-t-elle de la violence subie dans sa série Tirs, à la frontière de l’œuvre d’art et de la performance.

Après le procès, Gentileschi épouse un peintre au talent bien inférieur au sien. Le couple s’installe à Florence, et se sépare rapidement. C’est seule que l’artiste élève leur fille, tout en menant une importante carrière.

Audace et énergie caractérisent souvent son travail ; elle est notamment la première femme à peindre des nus. Ses œuvres sont parfois difficiles à attribuer avec certitude en raison du nombre de collaborateurs qui travaillent dans son atelier. À partir de 1630, Gentileschi adopte la ville de Naples comme seconde patrie et participe largement à la diffusion du caravagisme. On perd la trace de l’artiste dans ses dernières années.

Véronique Duprat-Roumier

Permalien : https://panoramadelart.fr/artemisia-gentileschi-judith-holopherne

Publié le 10/05/2021

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ressources internet

  1. « Artemisia Gentileschi, la première grande peintre de l’Histoire », un article d’Alessandro Pagano sur le site du National Geographic
    https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/03/artemisia-gentileschi-la-prem
  2. Caravaggio Napoli, une exposition du musée national de Capodimonte sur Google Arts & Culture
    https://artsandculture.google.com/exhibit/caravaggio-napoli/BgKiLnT-LWS7Kg
  3. Artemisia Gentileschi, une femme peintre dans l’Italie du XVIIe siècle, une vidéo de France Info
    https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/peinture/artemisia-gentileschi-un
  4. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Ancien et Nouveau Testament :
Pour les chrétiens, les deux recueils constituant la Bible. Le Nouveau Testament, qui comporte notamment les quatre Évangiles, rapporte la vie et l’enseignement du Christ et de ses disciples.
Caravagisme :
Courant artistique initié à Rome au début du XVIIe par Caravage, qui se caractérise principalement par des compositions sobres, clairement structurées, une représentation fidèle de la réalité et des effets de clair-obscur. On qualifie les peintres qui se rattachent à ce mouvement de « caravagesques ».
Clair-obscur :
Répartition des ombres et des lumières sur une peinture, de telle sorte que les couleurs les plus sombres se juxtaposent aux plus claires et produisent un fort effet de contraste.
Peinture d’histoire :
Genre pictural majeur représentant des scènes inspirées de l’histoire, de la religion, de la mythologie ou de la littérature.
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