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Saint Jérôme dans sa cellule Albrecht Dürer

Saint Jérôme dans sa cellule
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  • Érasme1
  • Saint Jérôme méditant dans un désert2
  • Melencolia3
  • Le Chevalier, la Mort et le Diable4
  • Le Portement de Croix5
  • Le Portement de croix6
Saint Jérôme dans sa cellule
auteur(s) : Albrecht Dürer (1471-1528)
dimension : H. 25 cm ; L. 19,1 cm
technique : estampe (burin)
datation : 1513-1514
lieu de conservation : Chantilly, musée Condé
Saint Jérôme dans sa cellule
Saint Jérôme dans sa cellule
auteur(s) : Albrecht Dürer (1471-1528)
dimension : H. 25 cm ; L. 19,1 cm
technique : estampe (burin)
datation : 1513-1514
lieu de conservation : Chantilly, musée Condé
Érasme
Érasme
auteur(s) : Hans Holbein le Jeune (1497-1543)
dimension : H. 43 cm ; L. 33 cm
technique : peinture
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Saint Jérôme méditant dans un désert
Saint Jérôme méditant dans un désert
auteur(s) : Lorenzo Lotto (1480-1557)
dimension : H. 48 cm ; L. 40 cm
matériaux : huile sur bois
technique : peinture
datation : 1500 ou 1506
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Melencolia
Melencolia
La Mélancolie
auteur(s) : Albrecht Dürer (1471-1528)
dimension : H. 27 cm ; L. 16 cm
technique : estampe (burin)
datation : 1513-1514
lieu de conservation : Chantilly, musée Condé
Le Chevalier, la Mort et le Diable
Le Chevalier, la Mort et le Diable
auteur(s) : Albrecht Dürer (1471-1528)
technique : estampe (burin)
datation : 1513-1514
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre (collection Rothschild)
Le Portement de Croix
Le Portement de Croix
La Passion du Christ
auteur(s) : Albrecht Dürer (1471-1528)
dimension : H. 15,4 cm ; L. 11 cm
technique : estampe (burin)
datation : 1507-1513
lieu de conservation : Chantilly, musée Condé
Le Portement de croix
Le Portement de croix
d’après une estampe d’Albrecht Dürer
Passio Domini Nostri Jesu Christi Secundum Joannem
auteur(s) : École italienne
dimension : H. 16,5 cm ; L. 12,2 cm
matériaux : peinture sur papier et sur parchemin
technique : enluminure
datation : XVIe siècle
lieu de conservation : Chantilly, musée Condé
En quoi la gravure participe-t-elle à la renommée d’un artiste ?

Albrecht Dürer est l’un des plus célèbres artistes de la Renaissance allemande. Il étudie le métier d’orfèvre auprès de son père, à Nuremberg, mais décide d’abandonner cette voie pour apprendre la peinture. Pour achever sa formation, Dürer se rend en Italie et aux Pays-Bas. Il s’installe par la suite à Nuremberg, mais continue à voyager régulièrement à l’étranger.

Maître reconnu dans l’art de peindre, Dürer ne tarde pas à se faire aussi un nom comme graveur. Encore nouveau à la fin du XVe siècle, l’art de l’estampe acquiert avec lui ses lettres de noblesse. Saint Jérôme dans sa cellule [ image principale ], signé de son monogramme (un D dans un A) sur une tablette posée sur le sol près de la queue du lion, fait partie des gravures les plus célèbres de l’artiste.
 

Un érudit dans son cabinet de travail

Saint Jérôme est l’un des saints les plus importants de la religion chrétienne et l’un des Pères de l’Église. Sa vie fait l’objet de plusieurs textes dont La Légende dorée de Jacques de Voragine. Ces écrits, très anciens, ont contribué à entourer de légende la figure du saint et à fixer son image dans l’iconographie chrétienne.
Saint Jérôme est celui qui a traduit la Bible du grec au latin, texte que l’on appelle la Vulgate. C’est la raison pour laquelle Dürer l’a représenté assis devant un pupitre en train d’écrire. L’artiste l’a figuré non comme un théologien, mais comme un humaniste, un savant entouré d’objets, de livres dans son cabinet de travail, tel qu’Érasme peint par Holbein à la même époque [ image 1 ]
Plusieurs éléments permettent ici de distinguer le saint : l’auréole, le chapeau de cardinal suspendu au-dessus de sa tête et le lion. Couché tel un gros chat au premier plan, celui-ci fait partie de la légende proprement dite : Jérôme aurait soigné un lion blessé qui, reconnaissant, serait resté auprès de lui. Il est ici présenté près d’un chien. Dürer accentue ainsi la docilité de l’animal et l’atmosphère de quiétude de la scène.
Le crucifix placé sur la table fait allusion à un autre épisode de la vie de saint Jérôme, très souvent représenté en Europe occidentale : celui où, retiré au désert, humble et pénitent, il médite sur la foi [ image 2 ]. Le crâne humain posé près de la fenêtre et le sablier suspendu sur le mur du fond sont des supports qui nourrissent sa réflexion sur la brièveté de l’existence. 
 

Une œuvre associée à La Mélancolie

Cette gravure fait partie des pièces maîtresses de l’œuvre gravé de l’artiste avec Melencolia I [ image 3 ] et Le Chevalier, la Mort et le Diable [ image 4 ]. Lorsqu’il s’entretenait avec des acheteurs potentiels, Dürer présentait souvent l’estampe du Saint Jérôme dans sa cellule et celle de Melencolia I comme des pendants, la première incarnant les vertus propres à un homme d’Église, et la seconde celles du génie profane.
 

Une œuvre ambitieuse

Saint Jérôme dans sa cellule est une estampe extrêmement ambitieuse d’un point de vue formel. L’artiste accentue la profondeur de la pièce en plaçant le point de fuite non pas au centre, mais sur le côté. Cela permet de tirer des obliques plus longues, sur lesquelles appuyer la construction géométrique de l’espace. Il place également quelques marches au premier plan de la composition et ne présente qu’un seul des murs latéraux de la pièce.
La lumière qui entre par les fenêtres à meneaux, les coussins posés sur le banc, les pantoufles sous le banc, les bougies consumées sur les étagères, donnent à cette estampe l’aspect d’une scène de genre. C’est dans cet intérieur confortable et chaleureux que le saint travaille avec application et ferveur à la traduction de la Bible. 
La minutie des gravures de Dürer, ses compositions savantes et complexes, donnent à l’art de l’estampe ses lettres de noblesse.
 

La technique de la gravure sur cuivre

Par son apprentissage dans un atelier d’orfèvre, Dürer sait travailler le métal et connaît les techniques de gravure essentielles à la réussite d’une estampe. Le Saint Jérôme dans sa cellule témoigne de sa maîtrise de la gravure au burin sur cuivre.
Ayant choisi une plaque de cuivre du bon format, Dürer y grave sa composition à l’aide d’un burin. Plus l’incision est profonde, plus elle recevra d’encre noire et plus le trait sera sombre à l’impression. Une zone non incisée apparaîtra au contraire en blanc dans l’estampe. Entre les deux, l’artiste peut obtenir toute une gamme de gris plus ou moins intenses. C’est avec l’ensemble de cette palette qu’il joue pour traduire la lumière et les ombres, et avec elles les volumes.
L’encre (qui est sous forme de pâte) est étendue sur la totalité de la plaque de cuivre, puis essuyée avec un chiffon afin d’en retirer l’excès. Une feuille légèrement mouillée est posée sur la plaque encrée, puis l’ensemble est passé sous presse. L’image gravée est alors reportée sur la feuille, mais inversée.
 

L’estampe et la diffusion des formes

Les estampes permettent de diffuser une composition originale à peu de frais. La petitesse de leurs dimensions, la légèreté du support, leur coût bon marché, font d’elles des articles faciles à exporter. Les libraires et les colporteurs les vendent sur un large territoire qui dépasse souvent les frontières. De nombreux artistes et artisans s’en inspirent pour renouveler leur production [ image 5 ] et [ image 6 ], comme les céramistes ou les émailleurs. Au sein des ateliers, les estampes constituent un recueil de formes.
Par la large diffusion de ses estampes, Dürer devient une référence et une source d’inspiration pour les artistes de la Renaissance. Raphaël, par exemple, possédait de lui quelques gravures dont l’influence est perceptible dans son œuvre. 
 
Cécile Galinier

Permalien : http://panoramadelart.fr/saintjeromedurer

Publié le 30/09/2014

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ressources internet

  1. Un focus sur Dürer, sur le site de l’exposition virtuelle Dessins de la Renaissance de la Bibliothèque nationale de France
    http://expositions.bnf.fr/renais/arret/5/index.htm
  2. Un focus sur les techniques de la gravure, sur le site Internet de la Bibliothèque nationale de France
    http://expositions.bnf.fr/bosse/reperes/index2.htm
  3. Site de la Bnf sur l’histoire du livre imprimé à la Renaissance
    http://classes.bnf.fr/ecritures/arret/page/tablette/03.htm
  4. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Estampe :
Images obtenues sur un support papier par impression d’une planche de bois gravée (xylographie) ou d’une plaque de métal, voire d’une pierre dessinée (lithographie). La plaque de métal peut être travaillée selon différents procédés, mécanique (burin) ou chimique (eau-forte), qui définissent plusieurs types de gravure.
Iconographie :
Ensemble des images correspondant à un même sujet. On parle de programme iconographique lorsqu’un décor en plusieurs parties regroupe de manière cohérente différents sujets autour d’un même thème.
Monogramme :
Ensemble de lettres entrelacées pour ne former qu’un seul motif identifiant une personne ou une institution.
Palette :
La palette est la petite planche sur laquelle l’artiste dispose et mélange ses couleurs. Le terme désigne aussi l’ensemble des couleurs qu’il choisit pour une œuvre.
Pères de l’Église :
Titre attribué à certains saints ayant joué un rôle déterminant dans la diffusion de la doctrine chrétienne par leurs écrits ou leur vie exemplaire. Dans l’iconographie occidentale, les quatre principaux sont saint Ambroise, saint Augustin, saint Grégoire et saint Jérôme.
Saint Jérôme :
Moine érudit (vers 347-420) dont l’œuvre principale a été de traduire la Bible du grec, alors langue savante, au latin, alors langue courante. Dans l’art occidental, il est le plus souvent représenté soit en intellectuel à sa table de travail, soit en ermite pénitent. En tant que Père de l’Église, il est fréquemment associé à saint Augustin, saint Ambroise et saint Grégoire.   
Scène de genre :
Sujet de peinture qui présente la vie quotidienne en famille et en société.
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