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Deux vases à décor rubané

Deux vases à décor rubané
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Deux vases à décor rubané
matériaux : Terre cuite
technique : Céramique
provenance : Ensisheim, Alsace (Haut-Rhin)
datation : entre 5500 et 4800 avant J.-C.
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale
Deux vases à décor rubané
Deux vases à décor rubané
matériaux : Terre cuite
technique : Céramique
provenance : Ensisheim, Alsace (Haut-Rhin)
datation : entre 5500 et 4800 avant J.-C.
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale
vase de gauche à décor rubané curviligne
Deux vases à décor rubané
Vase de gauche à décor rubané curviligne
matériaux : Terre cuite
technique : Céramique
provenance : Ensisheim, Alsace (Haut-Rhin)
datation : entre 5500 et 4800 avant J.-C.
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale
Deux vases à décor rubané
Deux vases à décor rubané
Vase de droite à décor rubané anguleux
matériaux : Terre cuite
technique : Céramique
provenance : Ensisheim, Alsace (Haut-Rhin)
datation : entre 5500 et 4800 avant J.-C.
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale
Meule, broyon et grains d’orge carbonisés
Meule, broyon et grains d’orge carbonisés
matériaux : pierre et grains d’orge carbonisés
provenance : Bernières-d’Ailly, dolmen de Kersiguénou, Calvados
datation : entre 5500 et 4800 av. J.-C.
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale
Tessons de poterie néolithique
Tessons de poterie néolithique
matériaux : Terre cuite
technique : Céramique
provenance : Sud de la France
datation : Ve-IIIe millénaire av. J.-C.
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale
Pourquoi la céramique est-elle si importante pour dater ? Comment aide-t-elle à identifier un groupe humain ?

Parties du Proche-Orient, les nouvelles pratiques d’agriculture et d’élevage, caractéristiques du Néolithique, se sont propagées en Europe de l’Ouest selon deux routes. La première a suivi les côtes de la Méditerranée pour atteindre le sud de notre pays, ainsi que l’Italie et l’Espagne, au VIe millénaire avant J.-C. La seconde s’est propagée le long du Danube pour parvenir d’abord en Alsace, au Ve millénaire avant J.-C., puis dans le nord de la France.

Chaque route correspond à un courant culturel : le premier est dit « cardial » en raison du nom du coquillage (cardium) que les groupes humains utilisaient pour décorer leur céramique ; le second est dénommé « rubané », à cause du décor de rubans gravé dans la céramique. En témoignent ici deux beaux vases bien conservés issus d’une nécropole des alentours d’Ensisheim, dans le Haut-Rhin [ image principale ] .

Naissance de la céramique 

La diffusion de l’agriculture et de l’élevage apporte des changements majeurs : les groupes humains se sédentarisent et vivent des produits de leur activité. Ils cultivent des céréales, le blé et l’orge principalement, comme en témoignent les meules retrouvées sur tous les sites néolithiques [ image 1 ]. Au menu de ces premiers paysans figurent les céréales, les légumineuses et la viande de leurs animaux domestiques. La chasse, la cueillette et la pêche deviennent des ressources complémentaires. Ils doivent désormais pouvoir conserver leurs récoltes et disposer de récipients destinés à la cuisson des aliments. L’invention de la céramique, imperméable et résistante à la chaleur, est née de ces nouveaux besoins.

Les vases sont réalisés en fonction des besoins dans chaque maisonnée, c’est une production familiale. Ils sont souvent de forme sphérique ou hémisphérique, avec un fond arrondi pour les vases les plus anciens comme ceux d’Ensisheim. À côté de poteries de luxe fines et ornées utilisées comme vaisselle de table ou dans un cadre cérémoniel, on trouve des récipients plus frustes, peu ou pas décorés, destinés à la conservation, à la préparation ou à la cuisson des aliments (marmite, jarre).

UNE TECHNIQUE COMPLEXE EN PLUSIEURS ÉTAPES

Préparation de la pâte

L’argile qui permet la fabrication d’une poterie était prélevée dans les environs du village. Issue de la décomposition de diverses roches, cette matière première est abondante dans la nature. Ses principales propriétés sont la malléabilité à l’état humide et la dureté après cuisson.

La préparation de la pâte demande beaucoup de soin : l’argile doit être pétrie avec un dégraissant qui évitera aux vases de se rétracter au feu et de se fissurer. Le plus souvent, le potier emploie du sable ou de la chamotte (soit des tessons de céramique finement broyés). Puis la pâte doit être battue pour en chasser la moindre bulle d’air qui pourrait rendre sa cuisson imparfaite.

Le montage d’un vase et son décor

Le tour de potier n’existait pas et les procédés de fabrication pouvaient être divers, mais la technique la plus courante était celle dite des « colombins ». Ce sont des boudins d’argile roulés à la main, fermés en anneaux, superposés et collés les uns aux autres par pression des doigts. Le vase est modelé progressivement et prend une forme pansue en variant la taille des anneaux d’argile.

C’est alors qu’intervient la réalisation des décors qui caractérisent les vases des différents groupes néolithiques. Sur les vases du groupe d’Ensisheim, il se compose de rubans, gravés dans l’argile fraîche à l’aide d’un outil pointu, d’abord curvilignes [ détail b ], puis anguleux [ détail c ] , souvent agrémentés de motifs annexes comme des tirets et des points.

Premier art du feu

La cuisson des vases, après séchage, est toujours une opération délicate, surtout à une époque où les fours restent à inventer. L’opération dure plusieurs heures et s’effectue à même le sol ou bien dans une fosse, avec un feu régulièrement alimenté en bois. Dans ce cas, les céramiques sont disposées dans le fond, puis recouvertes de branchages. Pour éviter qu’elles n’éclatent, le potier doit assurer une montée en température progressive jusqu’à 500 voire 800 degrés. Il en va de même pour le refroidissement des poteries : il doit être lent, ce qui n’a rien d’évident. Le feu est régulièrement alimenté en bois. Le mode de cuisson influe sur la couleur de la céramique : plus ou moins sombre [ détail c ] quand elle est cuite sans aucune arrivée d’air (atmosphère réductrice), elle prend une teinte beige rosé [ détail b ] avec un bon tirage (atmosphère oxydante).

La céramique, un repère essentiel pour les archéologues

La céramique est ce que l’on appelle un « fossile directeur », c’est-à-dire un élément qui permet de dater le site archéologique sur lequel il a été trouvé. L’analyse de sa pâte, de sa forme et de son décor éventuel permet de le rattacher à une période et à un groupe humain. D’où l’importance que les archéologues accordent à tous les éléments de terre cuite, vases ou simples tessons, retrouvés lors des fouilles [ image 2 ] .

La cuisson de la céramique constitue une étape essentielle dans l’art de maîtriser le feu. C’est l’amélioration des fours qui permettra dans un deuxième temps le travail du métal, marquant ainsi la fin du Néolithique.

Christine Vève

Permalien : http://panoramadelart.fr/ceramiques-rubannees

Publié le 25/07/2014

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ressources internet

  1. Connaissance de la céramique préhistorique par l’expérimentation. Film
    http://www.canalu.tv/video/cerimes/la_ceramique_prehistorique_connaissance_des_t
  2. Musée d’Archéologie nationale, Saint-Germain-en-Laye
    http://www.musee-archeologienationale.fr/
  3. Une frise chronologique de la préhistoire sur le site internet de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap)
    http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Ressources/Dossiers-multimedias/Chron
  4. Des informations synthétiques sur le Néolithique sur le site de l’Inrap
    http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Ressources/Dossiers-multimedias/Chron
  5. Sur le « Le Néolithique européen » : un cours en ligne de l’université de Bourgogne
    http://ubprehistoire.free.fr/L3%20-%20Cours%20en%20ligne-neo.html
  6. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Néolithique :
En Europe occidentale, le Néolithique s’étend entre 6000 et 2000 av. J.-C. environ. Il se caractérise par la sédentarisation des groupes humains, l’apparition de l’agriculture, de l’élevage et des arts du feu.
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