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Le Jardin chinois François Boucher (1703-1770)

Le Jardin chinois
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  • Audience de l’empereur de Chine1
  • Pendule au Chinois2
  • Commode en laque rouge et bronze doré ouvrant à deux grands tiroirs3
  • La Marotte4
  • Tenture de l’histoire de l’empereur de Chine : le voyage de l’empereur5
Le Jardin chinois
Modèle de tapisserie pour la « Tenture chinoise »
auteur(s) : François Boucher (1703-1770)
dimension : H. 40,5 cm ; L. 48 cm
technique : peinture sur toile
datation : 1742
lieu de conservation : Besançon, musée des Beaux-Arts et d’Archéologie
Le Jardin chinois
Le Jardin chinois
Modèle de tapisserie pour la « Tenture chinoise »
auteur(s) : François Boucher (1703-1770)
dimension : H. 40,5 cm ; L. 48 cm
technique : peinture sur toile
datation : 1742
lieu de conservation : Besançon, musée des Beaux-Arts et d’Archéologie
Le Jardin chinois
Le Jardin chinois
détail du groupe des femmes
auteur(s) : François Boucher (1703-1770)
dimension : H. 40,5 cm ; L. 48 cm
technique : peinture sur toile
datation : 1742
lieu de conservation : Besançon, musée des Beaux-Arts et d’Archéologie
Audience de l’empereur de Chine
Audience de l’empereur de Chine
Modèle de tapisserie pour la « Tenture chinoise »
auteur(s) : François Boucher (1703-1770)
dimension : H. 40 cm ; L. 65 cm
technique : peinture sur toile
datation : 1742
lieu de conservation : Besançon, musée des Beaux-Arts et d’Archéologie
Pendule au Chinois
Pendule au Chinois
auteur(s) : Pierre Le Roy (1687-1762)
dimension : H. 30,2 cm
matériaux : bronze doré, porcelaine
technique : horlogerie
datation : XVIIIe siècle
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
commode chinoiserie
Commode en laque rouge et bronze doré ouvrant à deux grands tiroirs
Un décor de cartouches représente des scènes illustrées vers 1735
auteur(s) : Léonard Boudin (vers 1735-1804)
dimension : H. 84 cm ; L. 141 cm ; P. 65 cm
matériaux : bois, bronze doré, laque rouge
technique : ébénisterie
datation : XVIIIe siècle
lieu de conservation : Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon
La Marotte
La Marotte
auteur(s) : François Boucher (1703-1770)
technique : Huile sur toile
lieu de conservation : Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon (en dépôt à l’Assemblée nationale)
Tenture du Prince chinois
Tenture de l’histoire de l’empereur de Chine : le voyage de l’empereur
Première tenture chinoise
auteur(s) : d’après un modèle peint par Jean-Baptiste Belin et Guy Louis Vernansal
dimension : H. 4,25 m ; L. 4,95 m
technique : Tapisserie
provenance : Manufacture de Beauvais
datation : 1688-1690
lieu de conservation : Compiègne, château
Est-ce une image réaliste de la cour de l’empereur de Chine au XVIIIe siècle ?

François Boucher est l’un des artistes les plus célèbres du règne de Louis XV. Introduit auprès du roi par madame de Pompadour, la favorite royale, il est l’un des interprètes les plus féconds de l’art rocaille français. Grand collectionneur d’objets asiatiques, Boucher contribue à diffuser la mode des « chinoiseries » [ image 1 ] . Ce goût pour l’exotisme est perceptible dans le décor des riches appartements, dans le mobilier [ image 2 ] et dans la tapisserie. Le Jardin chinois de Boucher [ image principale ] est d’ailleurs un modèle destiné à devenir une tapisserie.

Un jardin chinois de fantaisie

La scène se situe dans un jardin luxuriant, près d’un petit pavillon chinois. Assise dans un fauteuil de laque rouge à côté d’une une table de toilette, une jeune aristocrate se fait coiffer et choisit des fleurs pour sa parure.

Cette œuvre, parfois nommée « La toilette » dans certains inventaires, transpose en Chine une scène de toilette occidentale. Toutes les femmes sont de type européen [ détail b ]. Seuls les vêtements, les objets, le pavillon et les personnages masculins ont un caractère asiatique et donnent à ce tableau son atmosphère exotique.

Le tableau est une « chinoiserie » : Boucher présente une vision fantaisiste de la Chine en y mêlant des objets asiatiques de sa propre collection. L’artiste connaît bien le sujet, car il a déjà édité des gravures sur le thème de la vie quotidienne en Chine. Pour cela, il s’est inspiré de livres illustrés sur les voyages en Orient du XVIIe siècle.

Une pastorale orientale

L’intimité entre les personnages assis dans le paysage rappelle les pastorales de Boucher [ image 4 ] . Ces pastorales, issues de la tradition du paysage hollandais, montrent des scènes de vie champêtre animées par de charmants paysans aux costumes de fantaisie. Cette représentation idéalisée de la vie rurale s’inscrit dans un mouvement de retour à la nature qui prendra plus d’ampleur sous le règne de Louis XVI.

Boucher, peintre de la manufacture de Beauvais

La manufacture royale de Beauvais est créée en 1664 sur une initiative privée, pour répondre aux commandes des particuliers auxquelles ne pouvait répondre la manufacture royale des Gobelins à Paris. Au XVIIIe siècle, le peintre Jean-Baptiste Oudry, qui en est le directeur adjoint, souhaite donner un nouvel élan à la production de tapisseries de Beauvais et concurrencer les Gobelins. Il décide ainsi en 1734 d’employer un peintre talentueux, François Boucher, pour réaliser les modèles de tapisserie.

Le Jardin chinois, présenté au Salon de 1742, appartient à un ensemble de huit peintures exécutées pour servir de modèles de tapisserie. Le thème de la Chine avait déjà fait l’objet d’un tissage à la manufacture royale de Beauvais à la fin du XVIIe siècle avec la « Tenture de l’histoire de l’empereur de Chine » [ image 5 ]. La manufacture souhaitant renouveler le succès de cette première tenture sollicite Boucher pour remettre le sujet au goût du jour. Elle sélectionne six des huit modèles proposés pour former la nouvelle « Tenture chinoise », tissée de 1742 à 1746.

De la peinture à la tapisserie

Le tableau Le Jardin chinois constitue une première étape dans la réalisation de la future tapisserie. Dans un second temps, il est reproduit sur une grande toile aux dimensions de la tapisserie, appelée «  carton ». Cette opération est exécutée soit par l’artiste qui a réalisé le modèle, soit par un autre peintre qui travaille à la manufacture.

Le carton est souvent moins coloré que le modèle, laissant aux liciers le soin d’interpréter les couleurs en fonction des teintures de laines disponibles. Au XVIIe siècle, Colbert impose l’utilisation de couleurs en nombre limité (bleu, rouge, jaune, fauve et noir) dont on pouvait tirer une centaine de nuances : ce sont les couleurs dites de grand teint. Cependant au XVIIIe siècle et à l’initiative d’Oudry, les manufactures élaborent des couleurs de petit teint plus nombreuses, mais peu résistantes à la lumière. Avec cette palette de 35 000 couleurs, Oudry souhaite que la tapisserie puisse rivaliser avec la grande peinture.

Boucher peint des modèles pour Beauvais jusqu’en 1755. Grâce à son imagination fertile, il fait de Beauvais l’une des manufactures les plus inventives du XVIIIe siècle. La « Tenture chinoise » est tissée au moins dix fois entre 1743 et 1775. Louis XV en offrira même une édition à l’empereur de Chine Qianlong en 1765. Elle prendra place dans l’un des pavillons du Palais d’été des empereurs de Chine, lieu où étaient envoyées les œuvres les plus précieuses. Le succès de la « Tenture chinoise » incite parallèlement la manufacture d’Aubusson à commander une réplique des cartons afin de proposer cette tapisserie à un plus large public.

 

Cécile Galinier

Permalien : http://panoramadelart.fr/boucher-le-jardin-chinois

Publié le 23/05/2014

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ressources internet

  1. La tapisserie du Jardin chinois, tissée à Aubusson, conservée au musée Nissim de Camondo à Paris
    http://www.lesartsdecoratifs.fr/francais/nissim-de-camondo/l-hotel-et-les-collec
  2. Sur la manufacture de Beauvais
    http://www.mobiliernational.culture.gouv.fr/fr/histoire/histoire/manufacture-de-
  3. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Aubusson :
Depuis la fin du Moyen Âge, des tapisseries sont tissées à Aubusson. Colbert, ministre de Louis XIV, y crée en 1665 une Manufacture royale. Spécialisée dans le tissage de basse lisse, elle produit des œuvres moins prestigieuses que celles de la Manufacture royale des Gobelins, à destination d’une clientèle plus large.
chinoiserie :

Gobelins :
Manufacture de meubles et de tapisseries créée à Paris sous Louis XIV, dont Charles Le Brun fut le premier directeur. Institution royale puis nationale, elle conserve et produit encore aujourd’hui des pièces destinées à l’ameublement des palais de la République.
Manufacture d'Aubusson :

Palette :
La palette est la petite planche sur laquelle l’artiste dispose et mélange ses couleurs. Le terme désigne aussi l’ensemble des couleurs qu’il choisit pour une œuvre.
Rocaille :
Mouvement artistique du XVIIIe siècle qui s’épanouit en France, à partir de la Régence, dans les ornements architecturaux et les arts décoratifs en privilégiant les jeux de courbes. En peinture, les artistes illustrent des sujets légers et séduisants, galants ou exotiques, dans un traitement où l'aspect décoratif voire anecdotique l’emporte.   
Tapisserie :
Ouvrage textile tissé à la main sur une lice.
Tenture :
Ensemble de plusieurs tapisseries, formant un cycle autour d’un thème central.
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