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Bible de Charles le Chauve Bible de Vivien

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Première bible de Charles le Chauve
L’abbé Vivien et les chanoines de Saint-Martin de Tours offrant le livre à Charles le Chauve
Bible de Vivien
matériaux : peinture sur parchemin
technique : peinture
provenance : Tours, abbaye Saint-Martin
datation : vers 845-846
lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France
Première bible de Charles le Chauve
L’abbé Vivien et les chanoines de Saint-Martin de Tours offrant le livre à Charles le Chauve
Bible de Vivien
matériaux : peinture sur parchemin
technique : peinture
provenance : Tours, abbaye Saint-Martin
datation : vers 845-846
lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France
Première bible de Charles le Chauve
Adresse en vers à Charles le Chauve
Bible de Vivien
matériaux : peinture sur parchemin
technique : peinture
provenance : Tours, abbaye Saint-Martin
datation : vers 845-846
lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France
Première bible de Charles le Chauve
Le Christ en majesté, entouré des quatre évangélistes et des quatre grands prophètes
Bible de Vivien
matériaux : peinture sur parchemin
technique : peinture
provenance : Tours, abbaye Saint-Martin
datation : vers 845-846
lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France
Première bible de Charles le Chauve
Épisodes de la vie de saint Jérôme : saint Jérôme quittant Rome et payant son professeur à Jérusalem, travaillant avec ses scribes et distribuant la Vulgate
Bible de Vivien
matériaux : peinture sur parchemin
technique : peinture
provenance : Tours, abbaye Saint-Martin
datation : vers 845-846
lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France
Plaque de reliures du psautier de Dagulf
David dictant les Psaumes
dimension : H. 16,8 cm
matériaux : ivoire
technique : sculpture
provenance : Aix-la-Chapelle
datation : VIIIe siècle
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Pourquoi offrir une bible à un souverain ?

Le manuscrit appelé « Bible de Vivien » ou « Première bible de Charles le Chauve » est un codex commandé par l’abbé Vivien, comte et abbé laïc de l’abbaye Saint-Martin de Tours. Son destinataire, Charles le Chauve, est le petit-fils de Charlemagne. En 845, date de l’ouvrage, il règne sur la Francie occidentale. Il sera sacré empereur d’Occident en 875. Destinataire, format et beauté des enluminures peintes d’or et d’argent placent cette bible parmi les chefs-d’œuvre de l’art carolingien.

La dédicace au souverain

La scène de dédicace à Charles le Chauve est la plus ancienne représentation de cette cérémonie en Occident [ image principale ]. Elle est la dernière grande enluminure de l’ouvrage. Charles le Chauve, âgé d’une vingtaine d’années, est représenté assis sur un trône monumental d’or et d’argent, couronné et tenant le sceptre. Il se tourne vers sa droite où trois clercs lui présentent, posée sur une étoffe, la grande bible à couverture rouge. Neuf autres ecclésiastiques forment un arc-de-cercle face au souverain. Vivien, le commanditaire de l’ouvrage, serait le personnage sans tonsure qui marche en tête du cortège. Trois poèmes sur fond pourpre [ détail b ] dédiés à l’empereur éclairent la signification de la scène. Le dernier indique le nom du dédicataire : Vivien, comte et abbé laïc (843-851) en charge de l’abbaye Saint-Martin de Tours.

Ce monastère de Tours est l’un des plus importants centres de production de manuscrits depuis Charlemagne et il participe pleinement à la réforme souhaitée par les souverains carolingiens. En 845, Charles le Chauve donne un privilège à l’abbaye, lui accordant une certaine autonomie et des exemptions d’impôts. Cet ouvrage a sans doute été réalisé en remerciement de cette faveur octroyée par le souverain.

L’ensemble de la scène se passe sous un portique. Au-dessus, sortant des nuées, la main de Dieu d’où émanent des rayons d’or rappelle l’importance du souverain dans la diffusion du message divin. C’est la première fois que le portrait d’un souverain apparaît dans un livre religieux dans l’art occidental. La manière dont il est représenté, assis sur un trône et entouré de personnages, rappelle l’iconographie du Christ [ détail d ] et des rois bibliques [ image 1 ]. Sous l’Empire carolingien, il n’y a pas de séparation distincte entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel.

La Bible au cœur du message divin

Objets luxueux et rares, les manuscrits sont source de savoir et de spiritualité. Les abbés favorisent leur création et n’hésitent pas à en demander le prêt à d’autres monastères pour en prendre copie et enrichir leurs collections. La littérature antique profane n’est pas exclue des bibliothèques monastiques et impériales. Elle perpétue l’héritage artistique et littéraire de l’Antiquité. Des détails de la scène de dédicace, les chapiteaux à feuilles d’acanthe ou les drapés des costumes, s’inspirent de la sculpture antique.

La période carolingienne correspond à un renouveau de la religion chrétienne. Le texte de la Bible devient plus accessible grâce à la Vulgate, traduction de la Bible en latin par saint Jérôme [ détail e ], qui s’impose. Charlemagne donne alors des directives pour améliorer l’enseignement et l’usage du latin classique. Maîtriser le latin permet de mieux parler à Dieu et de mieux comprendre le sens des livres sacrés. Sur le modèle des empereurs byzantins, Charles le Chauve est soucieux de perpétuer cet héritage. La religion est une religion d’État, et le rôle du souverain est d’assurer sa diffusion sur le territoire qu’il gouverne. De ce fait, la majorité des manuscrits carolingiens conservés sont des livres religieux, d’un type souvent nouveau comme l’évangéliaire ou le sacramentaire.

Le manuscrit, œuvre collective

Un manuscrit est une œuvre collective réalisée au sein d’un monastère, dans un scriptorium. Les moines exécutent des tâches diverses, de la préparation du parchemin à son ornementation. Les scribes attachés au scriptorium écrivent le texte en minuscule caroline ou en capitale rustique. Les peintres, auteurs des enluminures de grand format, se déplacent entre les monastères et les ateliers de la cour. Ils sont parfois plusieurs à assurer la réalisation des peintures. Trois ou quatre peintres ont ainsi contribué aux huit enluminures de grand format qui ornent la « Première bible de Charles le Chauve ». Le manuscrit est ensuite relié pour éviter la dispersion des pages. Afin de couvrir les dépenses occasionnées par la réalisation de ces œuvres, le souverain octroie souvent des forêts et un droit de chasse à ces monastères. Il faut parfois jusqu’à quatre cents moutons pour obtenir le parchemin nécessaire à la fabrication d’une bible de grand format. Objet liturgique de premier plan, digne de figurer dans le trésor des plus grands édifices religieux, cette bible a été offerte par Charles le Chauve à la cathédrale de Metz en 869, à la suite de son couronnement comme roi de Lotharingie. Devenue la propriété de Colbert, ministre de Louis XIV et grand bibliophile, elle entre dans les collections royales sous le règne de Louis XV.

Cécile Galinier

Permalien : http://panoramadelart.fr/bible-charles-le-chauve

Publié le 28/07/2015

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ressources internet

  1. Site de la BNF sur l’exposition des manuscrits carolingiens. Très complet
    http://expositions.bnf.fr/carolingiens/index.htm
  2. Site de recherche sur les manuscrits des grandes bibliothèques
    http://www.europeanaregia.eu/fr
  3. Bible de Vivien à feuilleter
    http://expositions.bnf.fr/livres/vivien/index.htm
  4. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Enluminure :
Peinture de petites dimensions ornant les pages d'un manuscrit.
Saint Jérôme :
Moine érudit (vers 347-420) dont l’œuvre principale a été de traduire la Bible du grec, alors langue savante, au latin, alors langue courante. Dans l’art occidental, il est le plus souvent représenté soit en intellectuel à sa table de travail, soit en ermite pénitent. En tant que Père de l’Église, il est fréquemment associé à saint Augustin, saint Ambroise et saint Grégoire.   
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